Franchise en Algérie : pourquoi les grandes enseignes de restauration rapide avancent malgré les contraintes

Le marché algérien attire progressivement les réseaux internationaux. KFC et Chicken Street montrent que la franchise peut y progresser malgré les contraintes réglementaires.

Franchise en Algérie : pourquoi les grandes enseignes de restauration rapide avancent malgré les contraintes

Avec près de 47 millions d’habitants, l’Algérie représente un marché considérable pour les réseaux de franchise internationaux. Pourtant, certaines des plus grandes enseignes mondiales de restauration rapide, comme McDonald’s ou Burger King, n’y sont toujours pas implantées. À l’inverse, KFC a fait son entrée sur le marché algérien en avril 2024 et des réseaux comme Chicken Street y ont également développé leur présence.

Cette situation montre que l’absence de certaines grandes marques ne signifie pas que la franchise est impossible en Algérie. Elle souligne plutôt l’importance du montage juridique, financier et opérationnel choisi par chaque réseau avant son implantation.

Un marché algérien qui n’est pas fermé à la franchise

L’Algérie accueille déjà différents réseaux internationaux dans plusieurs secteurs. La restauration rapide constitue toutefois un cas particulièrement intéressant, car elle associe des besoins importants en approvisionnement, en immobilier commercial, en savoir-faire opérationnel et en développement de réseau.

L’arrivée de KFC constitue à ce titre un signal important. Le premier restaurant de l’enseigne a ouvert le 14 avril 2024 à Dely Brahim, à Alger, dans un établissement de 400 m². L’ouverture avait suscité une forte attention et des appels au boycott, mais l’implantation de la marque s’est poursuivie.

Le cas de KFC est intéressant pour les franchiseurs internationaux : il montre qu’un réseau peut envisager une implantation en Algérie malgré un environnement réglementaire et économique qui demande une préparation spécifique.

Chicken Street montre qu’un réseau français peut également s’implanter

La restauration rapide française offre également des exemples d’implantation en Algérie. Chicken Street, spécialisé dans le poulet frit et les sandwiches au naan, s’est développé sur plusieurs marchés internationaux, dont l’Algérie.

Ce type de développement rappelle une réalité importante pour les candidats à l’international : les marchés ne sont pas uniquement accessibles aux plus grandes multinationales. Des réseaux de taille intermédiaire, disposant d’un concept clairement défini et d’un modèle de développement adapté, peuvent eux aussi identifier des opportunités.

Le transfert des redevances : un sujet essentiel pour les franchiseurs

Pour un réseau international, l’un des enjeux majeurs d'une implantation en Algérie concerne le montage financier du contrat de franchise et les conditions dans lesquelles les flux financiers peuvent être réalisés avec le franchiseur situé à l’étranger.

La question des redevances, royalties, prestations de services et paiements internationaux doit donc être étudiée en amont avec des conseils connaissant le droit algérien et la réglementation applicable aux opérations avec l’étranger.

Pour un franchiseur, cette dimension est déterminante : le modèle économique d’un réseau repose généralement sur plusieurs sources de revenus et sur une relation financière durable entre le franchiseur et son partenaire local. Le montage doit donc être compatible avec les règles applicables en Algérie.

L’exclusivité territoriale constitue également un point de vigilance

Autre sujet important pour les réseaux : l’exclusivité territoriale. L’article 10 de l’ordonnance n°03-03 du 19 juillet 2003 relative à la concurrence vise les actes ou contrats conférant à une entreprise une exclusivité dans l’exercice d’une activité. Le ministère algérien du Commerce précise que cette interdiction est formulée de manière générale et indique qu’il n’existe à ce jour aucun exemple d’application de cette disposition.

Pour un franchiseur, cette situation impose une vigilance particulière lors de la rédaction du contrat. L’attribution d’un territoire, les conditions de développement du réseau et les éventuelles protections accordées au franchisé doivent être étudiées en tenant compte du droit algérien de la concurrence.

Un cadre juridique qui demande une adaptation du modèle de franchise

L’autre particularité du marché algérien réside dans le fait que la franchise ne bénéficie pas du même encadrement spécifique que dans certains autres marchés. Le réseau doit donc construire son dispositif contractuel en tenant compte des règles générales applicables aux activités commerciales, à la concurrence, aux investissements et aux opérations avec l’étranger.

Pour un franchiseur souhaitant entrer sur le marché algérien, cela signifie qu’il ne suffit pas de reproduire à l’identique le contrat utilisé dans son pays d’origine. Le modèle doit être localisé, tant sur le plan juridique que financier et opérationnel.

Le potentiel du marché reste un argument fort

L’intérêt de l’Algérie demeure néanmoins considérable. La taille de sa population, la concentration de l’activité économique dans les grandes agglomérations et l’existence d’une demande pour de nouveaux concepts de restauration constituent des éléments susceptibles d’intéresser les réseaux internationaux.

L’expérience de KFC montre surtout que les contraintes ne rendent pas nécessairement un marché inaccessible. Le premier restaurant ouvert à Dely Brahim a connu une situation mouvementée lors de son lancement, notamment en raison de la polémique entourant l’enseigne.

Pour un réseau qui envisage l’Algérie, cela rappelle également l’importance de la gestion du risque réputationnel. Une implantation internationale ne se limite pas au contrat de franchise : elle suppose aussi de comprendre les attentes des consommateurs, le contexte local et les éventuelles sensibilités liées à la marque.

McDonald’s : une absence qui ne signifie pas que le marché est inaccessible

L’absence de McDonald’s en Algérie pourrait donner l’impression que le marché reste fermé aux grandes enseignes internationales. Pourtant, les exemples de KFC et de réseaux comme Chicken Street montrent une réalité plus nuancée.

Le véritable enjeu pour un franchiseur n’est donc pas seulement de savoir si l’Algérie constitue un marché intéressant. Il consiste à déterminer dans quelles conditions le concept peut y être développé durablement.

Choix du partenaire local, structure contractuelle, gestion des flux financiers, approvisionnement, immobilier commercial, adaptation de l’offre et gestion de la réputation sont autant de paramètres qui peuvent faire varier considérablement la faisabilité d’un projet.

L’Algérie, un marché à étudier plutôt qu’à écarter

L’exemple de la restauration rapide montre ainsi que l’Algérie ne doit pas être considérée comme un marché fermé à la franchise internationale. Elle constitue plutôt un marché qui demande un niveau élevé de préparation.

Pour les franchiseurs qui envisagent l’Afrique du Nord, l’Algérie peut donc représenter une opportunité à analyser au cas par cas. Les contraintes réglementaires et financières doivent être intégrées dès la conception du projet, mais elles ne suffisent pas à elles seules à déterminer le potentiel d’une enseigne.

En matière de franchise internationale, la question n’est finalement pas seulement de savoir si un marché est difficile. Elle consiste surtout à déterminer si le modèle économique et le partenaire local sont suffisamment solides pour y réussir.


D'après la rédaction d'AfriqueFranchise.com